Dieu m’a dit de te dire…

Par Pst Beaudry mars 6, 2026

L’expression “J’ai une parole du Seigneur pour toi” est parfois entendue dans nos milieux chrétiens. Certaines célibataires ont même entendues “Dieu m’a dit que tu serais ma femme”. Attention! Il faut être très prudent avant de recevoir un tel message.

Dans l’Ancien Testament, Dieu a effectivement donné des mots précis à des individus spécifiques. Des prophètes tels que Moïse, Jérémie et Ézéchiel ont transmis des messages commençant par la phrase “Ainsi dit le Seigneur”. Ce n’étaient pas des impressions, des réflexions personnelles ou des sentiments spirituels. C’étaient des révélations directes de Dieu, transmises avec une autorité divine. Le prophète agissait comme porte-parole désigné par Dieu, et le message portait une autorité contraignante pour la communauté de l’alliance. À cause de cela, la fausse prophétie était considérée comme une offense grave (Deutéronome 18:20-22).

Dans le Nouveau Testament, la révélation se poursuit par Jésus-Christ et ses Apôtres. Par exemple, l’Apôtre Paul a déclaré que l’évangile qu’il prêchait “d’une révélation de Jésus-Christ” (Galates 1:12). Les Apôtres étaient des témoins mandatés de manière unique du Christ ressuscité, et leur enseignement devint le fondement de l’Église (Éphésiens 2:20). Leur autorité était authentifiée par des signes, des prodiges et l’inspiration du Saint-Esprit. Cependant, la fonction apostolique était fondamentale et historiquement limitée. Les Écritures ne le présentent pas comme un rôle continu et répétable à chaque génération.

Le livre des Hébreux fournit un principe théologique clé concernant ce type de révélation : “Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils, qu’il a établi héritier de toutes choses, par lequel il a aussi créé le monde” (Hébreux 1:1-2 LSG). Ce passage montre à la fois continuité et aboutissement. Dieu a véritablement parlé dans le passé à travers les prophètes, mais Sa révélation ultime et finale est venue par Jésus-Christ. Le Christ n’est pas simplement un messager de plus; Il est le Verbe incarné (Jean 1:1-14). Par conséquent, toute revendication de révélation nouvelle et autoritaire doit être évaluée à la lumière de la finalité de l’œuvre et du message rédempteur du Christ.

Étroitement liée à cela se trouve la doctrine de la suffisance des Écritures. 2 Timothée 3:16-17 enseigne que l’Écriture est inspirée par Dieu et suffisante pour préparer le croyant à toute bonne œuvre. Si les Écritures préparent pleinement l’Église à la foi et à la pratique, alors aucune révélation doctrinale supplémentaire n’est nécessaire. Bien que Dieu continue de guider Son peuple par la providence, la sagesse et l’œuvre du Saint-Esprit, une telle guidance n’ajoute pas de nouvelle révélation autoritaire égale à celle des Écritures.

Il est important de distinguer la révélation de l’illumination. L’illumination fait référence au Saint-Esprit qui aide les croyants à comprendre et à appliquer la vérité déjà révélée dans les Écritures. Jésus a promis que : “Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir” (Jean 16:13 LSG). Cette guidance de l’Esprit est utile pour enseigner le peuple de Dieu, mais elle opère aussi dans un cadre pastoral et apostolique précis. Quand quelqu’un dit “J’ai une parole du Seigneur”, cette expression suggère souvent une autorité révélatrice plutôt qu’une application guidée par l’Esprit. Cette distinction est cruciale.

Les Écritures mettent également en garde à plusieurs reprises contre les fausses affirmations de parole divine. “Bien-aimés, n’ajoutez pas foi à tout esprit; mais éprouvez les esprits, pour savoir s’ils sont de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde” (1 Jean 4:1 LSG). Cet avertissement démontre que prétendre parler au nom de Dieu est une affaire sérieuse. Ce n’est pas un langage à prendre à la légère.

Pastoralement et pratiquement, des affirmations non examinées de révélation divine peuvent créer des problèmes importants au sein de l’Église. Ils peuvent saper l’autorité des Écritures si les impressions personnelles sont traitées comme égales à la vérité biblique. Ils peuvent décourager le discernement si remettre en question le message est présenté comme un interrogatoire sur Dieu. Ils peuvent aussi entraîner de la confusion si plusieurs personnes invoquent des “paroles du Seigneur” contradictoires. Pour ces raisons, l’Église doit évaluer tous les enseignements selon les standards des Écritures.

En conclusion, bien que Dieu guide, condamne et dirige souverainement les croyants par le Saint-Esprit, la Bible ne présente pas de revendications normatives et continues de révélation nouvelle et autoritaire comme pratique standard pour l’Église. Le Christ est la révélation finale et la plus complète de Dieu, les Apôtres ont posé les fondations de l’Église, et l’Écriture demeure la règle suffisante de la foi et de la pratique. Par conséquent, toute prétention moderne à “une parole du Seigneur” doit être soigneusement testée et subordonnée à la Parole écrite de Dieu. Soyons prudents envers les personnes qui ont toujours une parole prophétique.