Par Caro septembre 4, 2026
Un souvenir douloureux resurgit brutalement et le doute s’installe. Si la peine persiste, est-ce parce que nous avons manqué de sincérité? Non. La guérison du cœur demande du temps et exige parfois de pardonner à nouveau.
Un conférencier vient faire un message touchant sur le pardon et ce message nous fait penser à une personne qui nous a blessé dans le passé. Si cette personne revient dans nos pensées, est-ce parce que nous avons encore du ressentiment pour elle? “Je pensais que je l’avais pardonné…” Ou encore, une amie nous présente une personne qui ressemble physiquement à notre “ex” et nous n’arrivons pas à être courtois avec cette nouvelle personne à cause de cette ressemblance. Nous sommes même étonnés de notre réaction viscérale. “Je pensais que je l’avais pardonné…” Notre questionnement nous amène parfois à douter de notre capacité à pardonner. Pouvons-nous vraiment nous libérer de nos blessures passées? Voici quelques pistes de réflexion à considérer.
D’abord, pardonner ne signifie pas d’oublier. Le verset sur lequel plusieurs personnes se basent pour définir le pardon est Jérémie 31:34, qui est répété dans le Nouveau Testament. “Je pardonnerai leur faute et je ne me souviendrai plus de leur péché” (LSG). Ces personnes soutiennent ensuite que le vrai pardon, c’est oublier l’offense commise. Or, si nous étudions la définition originale du mot “souvenir”, nous obtenons une autre conclusion. En hébreux, le mot utilisé ici est “zâkar”, qui signifie se rappeler, mais aussi, ramener à la mémoire. Puisque Dieu connaît tout, pouvons-nous vraiment croire qu’Il peut oublier quelque chose? Il serait peut-être plus juste de dire que Dieu pardonne notre faute et Il ne nous en parlera plus. Il ne ramènera plus cette offense dans une future conversation.
Et c’est sur ce modèle qu’il faut se baser pour pardonner ceux qui nous font du mal. Pardonner, c’est remettre l’offense faite entre les mains de Jésus, et choisir de ne plus en parler. C’est de refuser de se complaire dans un statut de victime et de cesser de divulguer l’offense par besoin de justification, de sympathie ou de vengeance. En s’en remettant à la justice divine, c’est là que nous tirons des leçons de nos épreuves et que nous entamons vraiment notre propre guérison. Ce n’est donc pas parce que la blessure nous revient en tête que nous ne l’avons pas pardonné.
Il faut, la plupart du temps, pardonner à plusieurs reprises. Puisque le pardon doit se donner lorsque nous sommes blessés, il est possible que nous ayons à pardonner à plusieurs reprises. Une blessure peut commencer à guérir, mais se rouvrir lorsqu’un souvenir revient, ou lorsqu’une personne nous en reparle, etc. Si la blessure s’ouvre à nouveau, et que nous nous sentons à nouveau meurtris, cela ne signifie pas que nous n’étions pas sincères la première fois. Il faut toujours simplement traiter cette situation comme si l’offense venait d’arriver et pardonner à nouveau. “Alors Pierre s’approcha de lui, et dit : Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu’il péchera contre moi? Sera-ce jusqu’à sept fois? Jésus lui dit : Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à septante fois sept fois” (Matthieu 18:21-22 LSG).
Il faut aussi préciser qu’il y a une différence entre pardonner et se réconcilier. Nous avons été pardonnés de nos péchés à la croix. Mais pour être réconciliés avec Dieu, nous avons dû faire l’étape de demander pardon, de se repentir de nos péchés. Le pardon est donné, même s’il n’y a pas de repentance. Mais il ne peut y avoir de réconciliation sans repentance. De la même façon, nous devons pardonner à notre frère qui nous a blessés. Mais nous devons aussi essayer de nous réconcilier avec lui en lui expliquant la situation (2 Corinthiens 5:18). S’il s’excuse, il peut y avoir une réconciliation entre vous deux. Mais s’il refuse de s’excuser, ou de reconnaître ses torts, il ne peut pas y avoir de réconciliation. Donc, si la relation avec une personne de notre passé n’est pas réparée, cela ne veut pas nécessairement dire que nous ne l’avons pas pardonnée. Le pardon peut être complet même s’il n’y a pas de réconciliation.
Le pardon est un cheminement. Il faut parfois accorder pardonner à plusieurs reprises avant de trouver la paix. Mais comment savoir si le passé est définitivement guéri? Lorsque nous ne souffrons plus en parlant de ce qui est arrivé. La cicatrice est bien là, mais elle ne fait plus mal. Ce parcours demande du temps et parfois un accompagnement spirituel ou psychologique, mais nous pouvons tous en arriver là.